Cinq mois après le début de son périple, Othmane Zolati, 21 ans, qui a quitté El Jadida pour faire le tour de l’Afrique à pieds, en vélo ou en auto-stop, raconte ses meilleurs – et pires – souvenirs. Entretien avec un globe-trotter hors du commun.

Quels pays avez-vous parcourus jusqu’à présent?

Othmane Zolati: Après le Maroc, je suis parti en Mauritanie puis au Sénégal. Je comptais aller en Guinée-Bissau mais le visa est extrêmement cher. L’accès à la Guinée-Conakry était fermé aussi, pour des raisons sanitaires. Je me suis donc dirigé vers le Mali puis la Côte d’Ivoire, où je suis en ce moment.

Qu’est ce qui vous a poussé à faire ce voyage?

Le rêve d’explorer d’autres cultures, d’autres langues et d’autres pays me trottait dans la tête après avoir parcouru le Maroc à vélo, à pieds et en auto-stop. J’ai eu un diplôme en maintenance industrielle de l’École Supérieure de Technologies à Safi, mais je me suis dit qu’il me fallait un « diplôme de la vie ». Et c’est ce que ce voyage peut m’offrir, ainsi que la chance de rechercher le bonheur et de le partager.

Comment avez-vous été accueilli à l’étranger?

L’accueil fut très chaleureux au Sénégal, au Mali et en Côte d’ivoire, surtout quand ils savent que je suis marocain!

Comment subvenez-vous à vos besoins?

Jusqu’à maintenant, je me suis financé en travaillant avec les habitants, dans chaque pays. A l’île de Ngor au Sénégal, j’ai été guide touristique alors que moi aussi je suis touriste (rire)! Au sud du Sénégal, j’ai travaillé dans la pêche. Au Mali, j’ai été chauffeur de camion et en Côte d’Ivoire, j’ai vendu des chaussures.

Vous êtes-vous déjà retrouvé dans une situation risquée?

En Cote d’Ivoire, je suis allé sur une plage et au bout de quelques minutes, je me suis retrouvé encerclé par une douzaine d’habitants qui criaient: « Eh le blanc, aujourd’hui tu vas payer! ». Je n’ai pas compris pourquoi ils m’ont pris à parti, j’ai juste pris mes jambes à mon cou. C’était terrifiant, heureusement je m’en suis sorti sain et sauf.

Quel est votre meilleur souvenir jusqu’à présent?

Ah il y en a tellement! Mais je me souviendrai toute ma vie ce moment passé avec les pêcheurs du Cap Skiring, entre les frontières du Mali et de Guinée-Bissau. Il y avait une ambiance phénoménale en barque.

Et votre pire souvenir?

Aux frontières du Mali, après une explosion à Bamako, les autorités m’ont pris pour un terroriste à cause de ma barbe. Je n’ai jamais eu aussi peur de toute ma vie. Je pensais que j’allais me retrouver derrière les barreaux dans un pays étranger. Hamdoullah, ils ont vite réalisé que j’étais inoffensif!

Qu’est ce qui vous a le plus marqué pendant votre voyage ?

La joie dans les visages de personnes qui se contentent de si peu, la gentillesse, l’innocence, l’hospitalité et… La magie noire (rire).

Avez vous vécu une anecdote que vous aimeriez partager?

Mon voyage en est rempli! J’ai passé douze jours au village Enampor au Sénégal, je faisais partie de la communauté, je faisais tout comme eux. Un jour, je suis parti chercher l’eau comme je les voyais faire. C’était très difficile de balancer un seau sur ma tête, à la moitié du trajet j’étais complètement trempé. Je pensais que c’était ça qui faisait rire les passants. En fait, c’était parce que les hommes ne partent pas chercher l’eau. Je suis devenu la blague du village!

Jusqu’où comptez-vous continuer votre voyage?

Je compte arriver jusqu’en Afrique du Sud mais ce n’est pas évident. Cela fait deux mois que je suis en Côte d’Ivoire à chercher du travail pour pouvoir payer les visas, ils sont très chers. Inchallah j’y arriverai coûte que coûte.

Source: Huffpostmaghreb

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