Rapelang Rabana est une jeune entrepreneuse sud-africaine de 31 ans dans la technologie qui fait des vagues à la fois sur le continent africain et dans le monde. Elle a établi sa réputation dans le secteur de la technologie en tant que co-fondatrice de Yeigo Communications, une société qui a acquis sa reconnaissance internationale par ses importantes innovations dans la téléphonie VoIP et les communications IP. Aujourd’hui, Rapelang derrière Rekindle Learning, une entreprise innovante qui cherche à améliorer l’éducation en Afrique. L’entreprise veut exploiter notre contrainte à consulter notre téléphone à chaque fois qu’il sonne en une occasion d’apprendre.

Rapelang est une Global Shaper du Forum Economique Mondial, choisi par Forbes comme l’un des meilleurs jeunes entrepreneurs de l’Afrique, et est inscrite sur la liste “O Power List” de The Oprah Magazine.

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YEIGO, qui signifie en navajo “avec esprit”, a été cofondée par Rapelang Rabana, Wilter du Toit et Lungisa Matshoba (ci‑après dénommés les “fondateurs”) très rapidement après que ceux‑ci ont obtenu leur licence à l’University of Cape Town (UCT).

Alors qu’ils étaient étudiants et ne disposaient donc que de maigres ressources financières, ces jeunes gens avaient constaté qu’il était extrêmement difficile et onéreux de téléphoner en utilisant les réseaux téléphoniques en place (obsolètes sur le plan technique) et les tarifs alors en vigueur (élevés). Confrontés à la nécessité et à la possibilité de mettre au point des logiciels de téléphonie plus efficaces et moins onéreux, reposant sur l’utilisation de l’Internet, les fondateurs de YEIGO décidèrent d’associer leurs aspirations en matière d’entreprenariat à leur souhait de régler un problème fréquent mais néanmoins urgent.

En sa qualité de cofondatrice de la PME, Mme Rabana a expliqué que “les idées les plus puissantes émanent de la façon dont vous réglez vos propres problèmes (en l’occurrence, des systèmes téléphoniques onéreux et inefficaces). Et c’est ainsi que vous êtes en mesure de faire vivre une entreprise parce que vous réglez un problème qui est réel pour vous; et il y a de fortes chances pour que, ce qui est réel pour vous, le soit pour de nombreuses autres personnes dans le monde”.

Lancé en 2007, YEIGO 2.1 a été le premier logiciel VoIP de l’entreprise à être mis sur le marché sud‑africain des télécommunications (photo : YEIGO).
Les débuts des jeunes chefs d’entreprise ont été placés sous le signe de l’incertitude et du risque. Parmi les premiers défis auxquels ils ont été confrontés, on peut citer les coûts de lancement (p. ex. : accès fréquent à l’Internet) et le manque de capitaux. Les fondateurs de YEIGO étaient aussi préoccupés par la question des investissements futurs éventuels : nécessité de développer l’entreprise, possibilité d’externaliser des compétences clés, etc. Ils étaient toutefois d’avis qu’il était important de maintenir les coûts à un faible niveau en faisant preuve, pour ce faire, de créativité et d’indépendance. Ils avaient aussi prévu d’obtenir des fonds et d’éviter toutes dépenses futures inutiles à ce stade de développement de l’entreprise.

Pour faire avancer les choses, les fondateurs de YEIGO comptaient sur leur talent (ils avaient une licence en informatique et gestion), leur motivation et leur sens de la solidarité. Ainsi que l’a fait remarquer Mme Rabana, “[…] si vous n’avez pas les talents indispensables [parmi vos associés] au démarrage d’une entreprise sans recourir dès le premier jour à ceux des autres, cela signifie que vous n’avez probablement pas choisi les bons associés ou que vous n’avez pas les bons talents; il ne vous reste donc plus qu’à régler l’un ou l’autre problème”.
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Parce qu’ils étaient très motivés, qu’ils disposaient d’une structure dense et d’un ensemble de talents complémentaires, les fondateurs purent rapidement mettre en avant leur sens marqué de l’engagement, de l’indépendance et de la confiance mutuelle. Ainsi, ils réalisèrent eux‑mêmes les travaux de recherche‑développement qui devaient aboutir aux prototypes initiaux VoIP sans aide extérieure et gérèrent eux‑mêmes d’autres aspects de l’entreprise.

En sus de la création de la structure fondamentale de R‑D de YEIGO (notamment, achat d’ordinateurs peu coûteux et mise en place d’un système d’accès fréquent à l’Internet pour les premières études de marché), les jeunes diplômés conçurent un plan de développement, prirent contact avec des investisseurs et mirent en œuvre des procédures de gestion des bureaux et des projets. Croulant dès le départ sous les problèmes mais encouragés par leur sens aigu de la vocation et de la compatibilité mutuelle, ils réussirent à mettre au point leur premier prototype de logiciel six mois après avoir commencé leurs travaux de R‑D.

Selon Mme Rabana, “l’une des plus grandes erreurs, lorsque l’on monte sa propre entreprise, est de chercher avant tout à se procurer des fonds. En réalité, il ne faut pas accepter d’argent tant que vous n’en avez pas absolument besoin, autrement dit pas avant une année de dur labeur”.

Avec pour seul argument un prototype, les fondateurs de YEIGO réussirent, en 2006, à décrocher des capitaux d’investissement providentiels auprès d’un groupe de trois capital‑risqueurs privés (investisseurs officieux). Après la mise au point du prototype et l’obtention des fonds indispensables, l’entreprise était en mesure, début 2007, de mettre sur le marché son premier produit VoIP. Parmi les nombreuses caractéristiques du logiciel YEIGO, on peut citer ses applications téléphoniques mobiles, sa messagerie instantanée (permettant de communiquer en temps réel) et son service d’envoi de messages courts ((SMS).

YEIGO-COMMUNICATIONS

En outre, le logiciel de télécommunication de YEIGO, au lieu d’utiliser les réseaux d’audio messagerie traditionnels, oriente les messages vocaux ou textuels de l’utilisateur au moyen de l’Internet. L’utilisateur YEIGO peut donc bénéficier de communications vocales, de messages instantanés ou de SMS gratuits; les seuls frais qu’il est tenu de payer sont, au tout début, l’accès à l’Internet.

Le client peut effectuer des téléchargements (par l’intermédiaire du SMS) et utiliser le logiciel de l’entreprise sur plusieurs plates‑formes (mis à part les téléphones portables), dont les ordinateurs de bureau et les ordinateurs portatifs. Si les abonnés YEIGO peuvent s’appeler les uns les autres gratuitement, ils ont des frais à payer lorsqu’ils appellent des utilisateurs de réseaux appartenant à d’autres opérateurs, ce qui garantit à l’entreprise d’obtenir des revenus.

La demande pour ses logiciels ayant augmenté, l’entreprise a pu recruter du personnel. Toutefois, les fondateurs ont à cœur de limiter la taille de l’entreprise ainsi que sa rapidité de développement afin de garantir efficacité et normes de qualité à la fois pour les produits et le personnel. Quand l’entreprise YEIGO s’est développée, elle l’a fait uniquement pour améliorer ses capacités d’approvisionnement de ses clients.

En outre, au lieu de payer ses employés conformément aux taux du marché (qui peuvent être excessivement élevés, notamment pour une jeune entreprise innovante), la PME a mis en place un système de gratifications. Conformément à ce système, les employés dévoués reçoivent des options de souscription d’actions de l’entreprise et ont donc leur mot à dire dans les orientations et projets de YEIGO. Depuis 2012, neuf employés travaillent au siège de l’entreprise, au Cap.

Créée par des universitaires diplômés désargentés poursuivant des rêves ambitieux, dotés de talents complémentaires et partageant les mêmes sujets de préoccupation, YEIGO, de simple entreprise, est devenue une marque internationale grâce à un palmarès éloquent en matière de créativité. En outre, la PME a su créer un solide portefeuille d’actifs de propriété intellectuelle qui lui a servi à décrocher ses premiers partenariats commerciaux et à pénétrer de nouveaux marchés.

Désormais très considérée au niveau international, YEIGO non seulement a développé le secteur des télécommunications de l’Afrique du Sud et renforcé sa compétitivité au niveau international mais aussi a mis à la portée de certaines populations les plus pauvres au monde des instruments de communication mondiale bon marché et inspiré une nouvelle génération de jeunes chefs d’entreprise.

Depuis qu’elle se développe, l’entreprise YEIGO collectionne les distinctions. Le produit MzansiSMS, mis au point en collaboration avec Telfree, a reçu l’Outstanding Regional Achievement Award for Excellence in Mobile Content (en 2010) dans le cadre du World Summit Award (prix du Sommet mondial) des Nations Unies. Parmi les nombreux avantages du logiciel, on peut citer la diminution des frais d’envoi d’un SMS pour les clients à faible revenu de l’entreprise.

En 2012, M. du Toit, l’un des trois cofondateurs de la PME, codirigeait aussi Virtual Mobile Technologies, entreprise de logiciels mobiles destinés au commerce électronique ayant son siège au Cap. Cette même année, Mme Rabana et M. Matshoba étaient élus “Global Shaper”, distinction décernée à des précurseurs âgés de 20 à 30 ans, animés par des convictions sociales, à l’occasion du Forum économique mondial tenu à Genève (Suisse). Parallèlement, YEIGO intégrait le groupe d’entreprises de Telfree et se classait parmi les cent premières entreprises techniques d’Afrique du Sud.rapelang-rabana

Forte de ce premier succès, Rapelang veut aller plus loin et participer au développement du continent. « En Afrique, il y a beaucoup de problèmes et je pense que les technologies et Internet peuvent les résoudre. » Alors que la moitié des africains ont moins de 25 ans, elle décide de se pencher sur l’éducation. Une priorité pour répondre au défi démographique. « L’enjeu auquel l’Afrique va devoir faire face est celui de la création d’emploi pour les jeunes. Il est urgent d’utiliser les technologies pour accroître les compétences et faire en sorte que l’explosion de la jeunesse soit un atout pour le continent. » L’entrepreneuse fonde alors Rekindle Learning, une start-up qui travaille sur des programmes personnalisés de formation professionnelle et scolaire. Une solution de e-learning, destinée aux supports mobiles.

Avec le travail et l’abnégation Rapelang Rabana fait partie de cette nouvelle génération de femme entreprenante qui font la fierté du continent. Elle a su s’investir dans l’entrepreneuriat social en permettant aux gens de tout âges et horizons à prendre en charge leur propre éducation grâce à l’utilisation des applications de la technologie, leur ouvrant ainsi la porte à un tout nouveau monde d’opportunités pour l’avenir. Elle est aussi un modèle d’inspiration pour d’autres femmes dans le monde de la technologie en Afrique.

Source: http://www.wipo.int/ipadvantage/fr/details.jsp?id=2906
http://afrinnovator.com/blog/2011/05/17/5-cool-south-african-startups/
http://all4women.co.za/at-work/rapelang-rabana-telfree-interview.html
http://www.sheisthecode.org/rapelang-rabana-la-femme-qui-eduque-avec-les-technologies/
http://lentrepreneuriat.net/sucess-storiesrapelang-rabana-30-ans-jeune-innovante- entrepreneuse-pionni-re-des-t-l-coms-en-afrique




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