Très bel constat de Yaya Touré (seul joueur africain dans la liste des 23 pour le Ballon d’Or FIFA) sur le manque d’envie de la nouvelle génération de footballeurs africains. Et comment l’africain pourra se faire respecter s’il se donne pas comme Drogba, Eto’o.

«Depuis quelque temps maintenant, je constate moi aussi que les Africains ont du mal à s’imposer ou à exister dans les plus grandes équipes. Je discutais avec un jeune africain qui me disait ‘’ moi j’aimerais bien évoluer dans un des cinq plus grands championnats d’Europe’’. Je n’ai pu m’empêcher de lui répondre : ‘’ et pourquoi pas viser le meilleur ?’’ Ce manque d’ambition les conduit souvent à vite se satisfaire de leur sort. Ils abandonnent les gros objectifs beaucoup trop rapidement. Comme si c’était hors d’atteinte. Pas fait pour eux. »

«Les Africains se laissent parfois aller trop vite. Ils sont dans leur monde, ils se croient arrivés, les plus beaux, les plus forts. Mais ils ne comprennent pas qu’il y a encore plein d’autres marches à gravir pour aller jusqu’en haut. Malheureusement, beaucoup ne voient dans ce job que le bon côté : l’argent facile, les filles, les sorties, les jolies voitures, les belles fringues. Et abandonnent trop vite l’idée d’aller chercher les meilleurs. Ils ne savent pas toujours souffrir.»

«Beaucoup se contentent de peu. Ils envoient de l’argent au pays et sont à l’abri pour les prochaines années. Pourquoi se faire mal ? En fait, j’ai le sentiment qu’ils s’empêchent de viser haut. Comme par fatalisme. Ils pensent que le top du top n’est pas fait pour eux. Et pourquoi pas ? Même s’il passait parfois pour quelqu’un d’un peu arrogant ou prétentieux, Samuel Eto’o, lui, avait cette faim de montrer et de monter tout en haut.»

Yaya Touré veut croire à des lendemains meilleurs et attend beaucoup d’un Sofiane Feghouli, d’un André Ayew ou d’un Gervinho, Aubameyang.

Source: Foot mercato